Chapitre 4 : La Fin…de l’année

Notre chère Louise expliqua avec beaucoup de difficultés, rien d’étonnant au vu de son dictionnaire interne de lexique, l’aventure de la nuit passée avec son frère Jérémi , proclamé depuis  peu pseudo fils adoptif. Elle enchaîna en précisant que ce charmant pupille de la nation De Lauganet ne donnait aucune réponse à ses questions. Vilain. Il déjeunait tranquillement. Les blessures de son visage étaient maintenant beaucoup plus visibles, preuves qu’il avait énormément échangé avec ses collègues de bar. Longtemps aussi.

Malgré la confiance en sa méthode , l’interrogatoire du patriarche mafieux, Max, connut un échec  tout aussi cuisant que celui de sa sœur.  Fut donc  prise la meilleure des décisions pour un adolescent alcoolique nécessitant soins et  suivis médicaux d’urgence : privé de sorties jusqu’à demain ! Pauvre Jérémi, déjà épuisé par sa cuite, il dut escalader plusieurs murs et palissades pour reprendre sa conversation  avec ses collègues de bar cette nuit là.

Privé de sortie. Formule possédant des pouvoirs tellement magiques que nombre de parents l‘utilise pendant l’éducation de leur progéniture. Progéniture qui ,par le plus basique des esprits de contradiction, bravera l’interdiction, remettant en doute le caractère surnaturelle de la dite formule.

Dans le monde magique de Louise, 2 sorciers policiers vinrent chercher Jérémi , plongeant les vacances d’été de la famille dans les ténèbres de leur monde tellement étrange qu’eux seuls le comprenne.

Si fière et si posée, pauvre Louise , ne parlant pas la même langue que les sorciers policiers, perdait au fur et à mesure de sa conversation avec ces êtres bizarres , toute son assurance. Elle comprit tout de même qu’elle devait se rendre avec son frère au donjon infernal des sorciers pour un interrogatoire. Jérémi se mit à sourire quand il apprit que son ami philosophe du bar avait porté plainte contre lui.

La De Lauganet avança en direction du donjon infernal . Il était sombre. C’est bien connu, les donjons infernaux d’habitude brille de paillettes pailletées. Bien sur qu’il était sombre, des sorciers policiers vivaient à l’intérieur et au vu de leurs compétences à soutenir et aider les populations, c’était la moindre des choses de rester dans l’ombre. Dans un mini cachot, le bruit des petites touches de la machine à écrire, un vaccin anti informatique avait été inoculé au  sorcier policier afin de le préserver de toutes obligations de résultats, résonnait dans la tête de Louise. Elle eut très vite une forte migraine à cause du vide qui y régnait. Elle parvint tout de même à écouter son frère qui narrait avec délectation ses aventures nocturnes dans les bars. Le sorcier policier ne levait pas les yeux de sa machine à écrire, il caressait inlassablement les petites touches. Parfois , du bout de sa langue, il humidifiait un ou deux de ses doigts comme pour tourner la page collante d’un livre, et reprenait ses caresses sur les touches de l’appareil bruyant. Un monde si étrange…ou coupable et  justicier , tant l’inutilité de certaines actions était flagrante, se confondent.

Soudain,  certainement lassé de se lécher, le sorcier policier  dans une fulgurance improbable suggéra qu’un arrangement à l’amiable avec le collègue de bar de Jérémi pourrait être judicieux.

Une heure plus tard, la Mama et son presque fils adoptif étaient de retour, arborant le sourire vainqueur des héros ayant survécu à l’univers obscur des policiers sorciers. Quelques milliers d’euro avaient convaincu l’interlocuteur musclé de Jérémi de retirer sa plainte.

J’ai alors regardé la famille prendre en pitié la  riche magicienne puisque d’après certains, sa gentillesse pour son frère n’était pas remerciée, et pour d’autres le pseudo fils adoptif abusait de l’affection  de la fée argentée. L’incident fut vite oublié puisque dès le retour de la famille en ville après ces vacances d’été mouvementées , Jérémi se vit offrir une superbe moto. Il est vrai que ce présent souleva un vent de scandales parmi les autres membres de la famille mais leur franchise naturelle ne leur permettait d’en parler qu’en l’absence de Louise.